Jour 20 : Faites que Goldorak ne soit pas mort.




                      Partir en road trip, certains le font en stop, à vélo, en avion. D’autre à dos de chameaux, en bateau, en roller, en ballon, sur ta sœur.
Nous on a choisit de le faire en van (whouu originalité.)
On l’a acheté la première semaine à Montréal, parce que le goût d’aventure dans nos bouches était bien trop présent.
Bonjour Kodiak, joyeux Dodge Ram Van de 1996.

Pendant les 7 mois d’hiver, il nous a conduit fidèlement partout, faire du ski sur les collines de St Sauveur, en vadrouille dans les parcs autour de la ville, à la forêt perdue, au ikéa, etc.
Fonctionnant presque parfaitement, nous promettant ainsi que dès l’été, à peine les clefs remises de notre appartement, on partirait enfin sur la route à l’aventure.


                     Bon, Kodiak a son caractère, et du haut de ses 21 ans, un petit soucis. Quand le réservoir d’essence passe sous la barre du milieu, il cale, comme si il n’avait plus rien dans son réservoir. Un coup de la panne fictif pour des résultats réels. Un vrai dragueur pro.
Et comme qui va loin ménage sa monture, à trois semaines de notre départ, on l'emmène chez le docteur se faire soigner.
750 dollars plus tard, une pompe à essence neuve et le porte monnaie léger, nous voila fin prêt à partir.


Oui mais non.


                    C’est le commencement d’une bataille psychologique avec notre grosse bébête à 4 roues.
Kodiak en a ras les essieu de bourlinguer à travers le Canada et les Etats Unis. Il en a ras la calandre de ces petits couillons de français qui lui rendent la vie dur en lui faisant faire des kilomètres. Et il nous en veux probablement encore plus à nous de lui changer son intérieur pour le transformer au fil des semaines en vrai maison roulante.
Kodiak dit non. Kodiak proteste. Kodiak fait grève. Kodiak nous fait un bon gros fuck qu’on a pas vu venir car il a bien lubrifié la chose dans l’huile moteur.

Voilà trois semaines maintenant que Kodiak cale. Sans crier gare, ou presque. Une panne bien chiante à trouver car pas du tout systématique. Tu peux rouler des heures sans qu’elle arrive. Et puis caler des heures sans qu’il roule.

 Un ralentissement ? Un arrêt ? Un stop? Un bouchon ? Un feux rouge ? Un milieu de carrefour ? Allez vous faire voir je m'arrête là. T’essayes de me rallumer ?! Aaaah mécréants, si je veux. Ok la je suis d’accord, j’avoue que caler devant les keufs c’était pas ma meilleur idée, je consent à redémarrer fissa. Mais là, dans cette ruelle après avoir calé 4 fois ? Ah non, ma bonne dame, là j’ai plus envie. Laisses moi me reposer 15 minutes et on en reparle...



En deux semaines on s’est retrouvé 5 fois au garage. Je vous entend de loin, mais oui, on a un bon et honnête garagiste. Oui on a vérifié que le problème ne venait pas du changement de la pompe à essence neuve.
A chaque changement, on passe de nouveau des heures avec le garagiste qui prend sur son temps, puis ensuite des heures à tester le van, en faisant des cubes du quartier.
Des heures à essayer de se comprendre mutuellement en Français/Anglais/Québécois/termes techniques de mécanique... Et puis à chaque échec on se rapproche dangereusement de l'élément le plus cher et le plus dur à trouver en casse, en croisant systématiquement les doigts à s’en péter les jointures, en espérant que non, on aura pas à changer l’ordinateur, l' engine computer.
Genre la pièce qui coûte presque le prix du van à reconditionner et ça prend 3 semaines... La pièce qui n’est QUE sur les Dodge Ram Van de 1996, 3,6L, la pièce qui… n’est plus en production depuis des années. Celle qui sans qui, clairement, tu démarre pas.


On a lavé le filtre à air. Ca allait mieux une heure mais c’était pas ça.
On a changé le métronome. On a pu rouler deux heures, mais c’était pas ça.
On a remplacé la bobine, c’était pas ça.
On a mit un nouveau régulateur de ralentis. Ah miracle on a roulé deux jours le coeur enfin léger ! Et puis on a calé… c’était pas ça.
On a court-circuité l’ordinateur de bord avec des fils à la place des fusibles. On devait juste ouvrir le capot des qu’on arrête le van et débrancher le bordel. Ca a marché deux jours. Joie ! On va pouvoir partir ! Et puis on a calé en rentrant sur l'autoroute… c’était pas ça non plus…
On a changé le ralentis pour le faire monter dans les tour avec l’ordi du garagiste. C'était plus fluide ! Ca ronronnait mieux ! Enfin ! Et puis on a calé en faisant un plan pour une vidéo derrière chez Jerome… c’était toujours pas ça..
On a cherché sur internet un engine moteur d’occas’, on en a trouvé qu’un aux Etats Unis et on a trouvé un modèle de van comme nous à Trois-Rivières dans une espece de casse self service. Alors on a prit le partie d’aller désosser la voiture pour récupérer le engine computer en espérant:1 que ce soit bien un 3,6L, et 2 qu’il marche.
Apres 1h30 de route et quelques presque callage sur l’autoroute qui aurait probablement pu nous tuer, on arrive à la casse, on paye notre droit d’entrée, on cherche la rangé 43, on trouve le van, on ouvre le capot.. Oui ! L’engine computer y est bien ! Non ! C’est un putain de 5L !

Desespoir.

                  On retourne au garage on ne sait comment… Après encore d'innombrables coup de fil, le garagiste trouve la pièce. Pas sur qu’elle marche, mais on la fait livrer quand même. On est plus à ça près...
Elle arrive demain, en même temps que nos 100 dollars pour elle qui s’évaporent de nos portes monnaies.

Kodiak… Entend moi bien, avec ou sans toi… On partira. Et y’a plutôt intérêt que tu finisse par reprendre le goût de l’aventure vite vite avant que tu finisse en petit cube à la casse la plus proche. En plus ça va être cool alors fait pas ta fiotte. T’avais qu’à être une smart si tu voulais pas partir loin.


Alors voila mes amis, nous sommes le 5 juin 2017 (Oui je suis à jours!!!), je vous écris en direct du salon de Jerome qui nous héberge depuis 4 jours (et que je soupçonne d’avoir bousillé le van pour nous garder plus longtemps…).
On a plus de boulot, on a plus d’appart, de moins en moins d'économie, les nerfs à vif, les cernes bien trop présentes, un demi van capricieux et on est toujours pas en roadtrip après 7 longs mois d’attente.
Mais on a les copains, un toit au dessus de notre tête, Nous, et la certitude que d’ici quelques semaines, ces derniers jours ne seront qu’un mauvais souvenir et une belle page de galère dont on rigolera bien.


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